COMMUNIQUE
Les associations de soutien aux Roms reçues au Ministère de l'Education nationale : se sont-elles trompées de Ministère ?
Une délégation a été reçue au Ministère de l'Education nationale le 3 décembre dernier suite à la publication du rapport du collectif Romeurope sur la situation des Roms d'Europe de l'Est en
France. La teneur des propos tenus en réaction à nos interpellations est apparue suffisamment grave pour mériter d'alerter les syndicats enseignants et les associations.
Les associations ont rappelé que si l'on observe quelques belles réussites scolaires, et ce malgré la précarité des conditions de vie et les expulsions fréquentes, en France, des centaines
d'enfants Roms venant de Roumanie, Bulgarie et d'ex-Yougoslavie ne sont pas scolarisés. Cela tient notamment à des refus d'inscription de la part
de certaines municipalités, sous divers prétextes inadmissibles, dont notamment le fait que les familles ne sont pas domiciliées, qu'une procédure d'expulsion est en cours, qu'il manque de place ou
de moyens
adaptés, que les enfants n'ont pas toutes leurs vaccinations à jour….
Face à cela, les instances de l'Education Nationale et les Préfectures manquent parfois de fermeté pour faire appliquer la loi.
Des propositions concrètes ont été faites dans l'objectif simple que tous les enfants puissent être inscrits et scolarisés durablement. Nous avons en particulier demandé au Ministère qu'il rappelle
la règle de l'obligation et du droit scolaires (y compris aux âges où l'école n'est pas obligatoire) et incite les inspections d'académie à faire
preuve de fermeté auprès des communes et par l'intermédiaire des préfets, qu'il mette œuvre les moyens nécessaire (CLIN, CLA, NSA,...) pour une intégration progressive des enfants, dont certains
n'ont
jamais été scolarisés, qu'il favorise les liens avec les autres administrations (sociales, santé, logement, transport, cantines, activités périscolaires..) pour assurer les conditions d'une
scolarité régulière et que cessent les expulsions de terrains sans alternatives, principale cause de déscolarisation.
A l'opposé des réponses que nous attendions, le Ministère a interrogé la motivation des parents à scolariser ces enfants (oubliant qu'il est lui-même garant de l'obligation scolaire), émis
l'hypothèse que la scolarisation était pour certaines familles un moyen détourné pour accéder à d'autres droits, posé comme préalable la question du droit
au séjour des familles concernées, exprimé sa compréhension à l'égard des maires contraints d'accueillir des populations instables et qui se déplacent (alors même qu'il s'agit d'une mobilité subie
du fait des expulsions) et déprécié de façon générale l'efficacité des classes d'accueil et d'initiation (y compris pour des enfants ne parlant pas français et n'ayant jamais été à l'école) et
rappelé qu'aucun moyen supplémentaire ne serait débloqué dans les écoles pour ces enfants.
A l'issue de cette rencontre, le collectif Romeurope tient à rappeler que localement l'institution scolaire est une des rares qui s'inscrive dans un rôle d'accueil et d'intégration à l'égard des
populations Roms. Les efforts du personnel enseignants méritent d'être soutenus par leur hiérarchie dans le respect des missions de l'Education
nationale, indépendantes de la politique d'immigration.
Contact : Michel FEVRE . Collectif Romeurope
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